le manger

  • RSSRSS
  • Reportages
  • Ethno
  • Recettes
  • Restaurants
  • Contact
  • Chine
  • Corée
  • France
  • Indonésie
  • Japon
  • Philippines
  • Taïwan

Ethno · Restaurants · Taïwan

Le côté obscur du buffet végétarien

_MG_9382
  • Share on Facebook.
  • Share on Twitter.
  • Partager sur Google+

A Taïwan, le buffet végétarien est en plein essor. Il a du succès pour plusieurs raisons : il respecte les préceptes bouddhistes, il permet de goûter à plein de choses différentes, il propose de nombreux plats traditionnels et, plus récemment, il apparaît comme l’ultime option pour manger rapidement un repas sain. En réalité, ce type de restaurant a certes des qualités mais il est loin d’être à la hauteur de la publicité qu’on lui fait.

Lorsque vous vous baladez dans n’importe quel coin de Taïwan, dans la rue ou sur un marché de jour ou de nuit, vous êtes sûr de tomber sur des restaurants et stands de nourriture entièrement végétarienne. Comme en Inde, cette prédilection a une origine religieuse, même s’il ne s’agit pas du même culte puisque les Taïwanais sont majoritairement bouddhistes.

Régime bouddhiste taïwanais : tofu, maïs, soja, racines et légumes verts © Camille Oger

Régime bouddhiste taïwanais : tofu, maïs, soja, racines et légumes verts © Camille Oger

Ici, on pratique une religion issue du Theravāda, la plus ancienne branche du bouddhisme, qui ne proscrit à l’origine que la consommation de viande d’humain, d’éléphant, de cheval, de chien, de serpent, de lion, de tigre, d’ours, de léopard et de hyène, mais qui a été fortement marquée par l’influence japonaise du XXe siècle.

Selon les écoles, on aura diverses manières d’envisager les pratiques alimentaires : certains ne sont pas végétariens du tout, d’autres le sont en alternance, mais la plupart ne consomment jamais de viande, d’oeufs ou de produits considérés comme stimulants, à savoir les cives, les échalottes, les oignons, l’ail et les boissons alcoolisées.

Taïwan : 14% de végétariens

Aujourd’hui les végétariens représentent 14% de la population taïwanaise et leur nombre est en rapide progression. Cette grande demande génère une production annuelle d’une valeur de 120 millions de dollars. En bref, des options végétariennes sont disponibles partout. Même dans les crêches et jardins d’enfants, on sert des repas sans viande. De plus, un nombre considérable de restaurants et stands de rue ne propose même que ça.

La forme la plus populaire de restauration végétarienne est le buffet. Cette tendance est assez nouvelle : elle est inspirée des Etats-Unis et a pris comme un feu de paille à Taïwan. En effet, elle permet de picorer un peu de tout, ce que les Chinois et Taïwanais adorent faire, de choisir les quantités et de manger sans attendre d’être servi. Et puis de nombreuses chaînes de buffets récemment établies ont brandi l’argument ultime : la santé.

Buffet végétarien à Taipei © Camille Oger

Buffet végétarien à Taipei © Camille Oger

Chez Loving Hut ou Lian Siang Jhai Su Tsai, on vous dira qu’on utilise du bon, du bio, du frais, que les légumes c’est la vie et que votre corps vous dira merci. Et ça marche. A l’heure du repas, les buffets ne désemplissent pas. Et il n’y a même plus besoin d’être bouddhiste, végétarien ou les deux pour y aller : si c’est bon pour la santé, tout le monde est concerné et les consommateurs occasionnels sont nombreux.

La friture, c’est la vie

J’ai testé plusieurs établissements pour vérifier tout ça. Dans ces restaurants, on n’a rien à demander à personne. Que l’on souhaite manger sur place ou dehors, le principe est le même : on entre, on prend une boîte en carton de type bento et on la remplit à volonté.

Buffet végétarien à Taipei © Camille Oger

Buffet végétarien à Taipei © Camille Oger

Dans les plats, on trouve des racines, des légumes sautés, d’autres marinés, beaucoup de champignons et de tofu sous toutes leurs formes, et parfois des préparations un peu plus élaborées, comme des nouilles ou du riz arrangés tout à fait traditionnels ou ces espèces de rouleaux aux graines germées. Les crudités sont rares.

Rouleaux aux graines germées et gombos © Camille Oger

Rouleaux aux graines germées et gombos © Camille Oger

La grande star du repas, c’est la friture. On est en Asie, et en Asie, la friture, c’est un peu la norme. Elle est si omniprésente que cela peut être difficile à supporter pour les occidentaux. Il y a deux problèmes évidents à cela : tout d’abord, manger des légumes oui, mais s’ils sont tous frits, le plan santé tombe quelque peu à l’eau.

Et puis la friture n’aime pas attendre. Une montagne de pleurotes frites en masse qui attend au frais de l’air conditionné depuis une demi-heure promet une dégustation désagréable. C’est mou, huileux, désséché et humide en même temps, tiédasse par endroits, carrément froid à d’autres.

Haricots, basilic, courge, fougères, pleurote, aubergines FRITS © Camille Oger

Haricots, basilic, courge, fougères, pleurote, aubergines FRITS © Camille Oger

Quand c’est pas cher, c’est pas bon

Généralement, on paye son repas au poids. Il en coûte en moyenne 50 NTD ou 1,5 euro pour un restaurant de base. Ce n’est pas bien cher, même pour ici. C’est cela aussi qui rend cette option si attractive. Mais lorsqu’on y réfléchit, pour pratiquer ce genre de tarif, les restaurants ne peuvent pas faire de la grande cuisine. C’est ce qui explique des produits de qualité médiocre, une préparation qui nécessite peu de temps et d’efforts, et la solution magique qui pare à tous les problèmes : la friture.

Nouilles, tofu, algues FRITS © Camille Oger

Nouilles, tofu, algues FRITS © Camille Oger

De plus, n’utilisant pas d’oignons, d’ail, de piment et autres, il faut trouver une autre idée pour relever les plats. Et cette solution c’est… la friture ! Alors, on vous dira sûrement à Taïwan que les buffets végétariens sont des endroits fabuleux où l’on peut manger sainement, que les légumes c’est la vie et que votre corps vous dira merci. Le fait qu’il fallait lire entre les lignes et comprendre que la friture c’est la vie et que votre corps vous dira merci avec modération. Peu de ces établissements proposent une nourriture effectivement saine. Trop grasse, trop riche, pas vraiment équilibrée la plupart du temps, elle est loin de remplir le contrat.

Quant au plaisir, il n’est pas forcément au rendez-vous car on mange rarement chaud et la cuisine est loin d’être fine. Des options plus haut-de-gamme sont disponibles, notamment de superbes restaurants bouddhistes végétariens japonais, mais la note est salée : il voudra multiplier la modeste note de la cantine du coin par 30 ou 40.

Tags: buffetgoûtlégumesplateau-repasreligionvégétarien

  • Share on Facebook.
  • Share on Twitter.
  • Partager sur Google+

    Sur le même thème

  • Beignets de fleurs de courgettes © Camille Oger Beignets de fleurs de courgette
  • Asperge sauvage à Nice © Camille Oger Cueillette d’asperges sauvages
  • Tempura de Saint-Jacques et fleur de courgette © Camille Oger Saison, le meilleur japonais de Nice
  • Tourte de blettes © Camille Oger La tourte de blettes, la vraie !

3 Comments

  1. Alex dit :
    13/09/2012 à 12:55

    Très intéressant ton article. Effectivement ça fait très new-yorkais ce mode de restauration. Je suis bien d’accord il vaut mieux prendre un plat unique mais bien fait ailleurs.

    Répondre
  2. luna dit :
    25/09/2012 à 23:34

    On dirait que ce n’est pas des restaurants végétariens (encore moins boouddhiste), mais des restaurants populaires supprimant des plats de viande.
    Ce qui fait les vgétariens par défaut, non pas végétariens par choix.
    Le « vrai » repas bouddhistene comprend pas beaucoup de friture. Par contre, il est vrai que la friture, c’est la vie pour les moines, car, leur alimentation étant basée sur des vegétaux, ils sont besoin d’apport calorique par la graisse végétale afin de maintenir la santé. La friture est donc indispensable, mais jamais domminant.

    Répondre
    • Camille Oger dit :
      26/09/2012 à 21:11

      Je suis tout à fait d’accord : à la différence de la cuisine des temples que l’on peut goûter en Corée ou au Japon, ces restaurants surfent sur une vague et vulgarisent un régime plutôt que de respecter une tradition. La friture est bien trop présente pour refléter le goût de l’équilibre et de la mesure des bouddhistes purs et durs. On en arrive donc à un drôle de mélange, quelque part entre le fast food, le restaurant végétarien et le Flunch…

      Répondre

Laisser un commentaire

Cliquez ici pour annuler la réponse.

    • Fugu ou diodon holocanthus au marché de Penghu, Taïwan © Camille OgerFugu, poisson mortel21/01/2013
    • Oeuf centenaire © Quentin GaudillièreFaut-il avoir peur de l’oeuf centenaire ?10/06/2012
    • MG_568112La folie du Kit Kat16/05/2012
    • Fruits à Tokyo © Camille OgerLe fruit, un luxe au Japon19/03/2012
    • R00201351Le steak tartare ou le goût du cru24/11/2011
    • IMG_8916L’art de dompter un ananas21/11/2011
    • Recent
    • Popular
    • Tags
    • Préparation de conserves de bonite à l'usine Ocean Canning, General Santos © Quentin GaudillièreLa fabrique de votre (faux) thon en conserve10/05/2013
    • Beignets de fleurs de courgettes © Camille OgerBeignets de fleurs de courgette26/04/2013
    • Sushi de sardine et de wagyu chez Izumi, Paris © Camille OgerLe goût du Japon chez Izumi17/04/2013
    • Poisson perroquet grillé au lato, Palawan © Camille OgerÇa se mange un poisson-perroquet ?12/04/2013
    • Sushi chez Yuzu à Nice © Camille OgerYuzu à Nice, les sushi comme là-bas07/04/2013
    • Préparation de conserves de bonite à l'usine Ocean Canning, General Santos © Quentin GaudillièreLa fabrique de votre (faux) thon en conserve10/05/2013
    • Intérieur d'un oursin comestible ou Paracentrotus lividus © Camille OgerLe goût des oursins04/01/2013
    • Racine de wasabi, utogi © Camille OgerVous saurez tout sur le wasabi08/12/2012
    • Tourte de blettes © Camille OgerLa tourte de blettes, la vraie !28/12/2012
    • bonbons-anis-vertOù sont passés les bonbons à l’anis ?24/10/2012
    • ail algue balut barbecue boeuf boisson canard champignons coquillages crabe crevettes dessert fast food fleur fruits glace goût halo halo Jollibee luxe légumes marché marketing noix de coco nouilles oeuf pharmacopée piment plantes plateau-repas poisson poulet pêche religion restaurant japonais saison sashimi soupe street food sushi temari sushi thon viande vinaigre végétarien
  • Follow @heimsendi
  • Blogroll
    En français
    • Cuisine de la mer
    • Cuisine campagne
    • Le foodblog de Chihiro
    • Les cuisines de Garance
    • Esterkitchen
    • Fureur des vivres
    • Le gastronome parisien
    • J'veux être bonne
    • La peau d'ourse
    • Piment Oiseau
    • Sinogastronomie
    • La table de Diogène est ronde

    En anglais
    • Anything also eat
    • Asian in America
    • Astig vegan
    • Burnt lumpia
    • Candy blog
    • Chez Pim
    • Chubby hubby
    • Just hungry
    • Looking for great food
    • Nordljus
    • The scent of green bananas
    • Shizuoka Gourmet
    • Tangled noodle
  • Reportages
  • Ethno
  • Recettes
  • Restaurants
  • Contact
  • RSSRSS

© Camille Oger 2011-2013